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Avant-projet de loi de finances 2027 : Adolphe Muzito entame les consultations avec les ministères

Le Vice-Premier ministre et ministre du Budget, Adolphe Muzito, a entamé mercredi, à son cabinet de travail au Centre financier de Kinshasa, une série de consultations avec les différents secteurs du gouvernement dans le cadre de la préparation de l’avant-projet de loi de finances pour l’exercice 2027.


Ces rencontres sont consacrées à l’examen des enveloppes budgétaires proposées aux ministères et services de l’État, avec pour objectif de rapprocher les besoins exprimés des ressources disponibles et d’opérer les arbitrages nécessaires avant la poursuite du processus budgétaire.

Pour cette première journée, Adolphe Muzito, accompagné du vice-ministre du Budget, Elysée Bokumuana, du directeur de cabinet Blanchard Mongomba et du directeur de la Direction générale de la politique et de la programmation budgétaire (DGPB), Rolly Lengo, a reçu plusieurs responsables gouvernementaux.

Les Affaires sociales plaident pour une hausse des crédits

La ministre des Affaires sociales, Action humanitaire et Solidarité nationale, Ève Bazaïba, a notamment plaidé pour une augmentation des crédits destinés à son secteur, confronté à d’importants besoins humanitaires.

Elle a indiqué que son ministère avait sollicité une allocation équivalant à 0,07 % du budget national, contre 0,05 % retenus dans les premières prévisions.

« Nous sommes satisfaits que cette étape soit là pour que nous puissions négocier », a déclaré Ève Bazaïba, qui a également insisté sur la nécessité de veiller à l’exécution effective des crédits votés.

Selon elle, les besoins humanitaires demeurent particulièrement importants dans le pays. Elle a ainsi évoqué plus de 15 millions de Congolais nécessitant une assistance humanitaire d’urgence et appelé à une régularité dans l’exécution des dépenses.

À l’issue des échanges, la ministre s’est dite rassurée par l’écoute accordée à ses préoccupations par l’équipe du Budget.

Les personnes vivant avec handicap au cœur des discussions

La ministre déléguée chargée des Personnes vivant avec handicap, Irène Esambo, a également participé aux consultations. Son plaidoyer a notamment porté sur les moyens nécessaires au fonctionnement de deux établissements publics récemment créés pour favoriser l’autonomisation et l’accessibilité des personnes vivant avec handicap.

Elle a également évoqué la situation de 2 037 personnes vivant avec handicap recrutées dans l’administration publique, mais qui, selon elle, ne sont pas encore mécanisées.

La ministre a indiqué que le Budget s’était montré favorable à la mise à disposition d’une prime en attendant leur mécanisation. Elle souhaite désormais que les crédits nécessaires à cette mesure soient effectivement pris en compte dans le budget 2027.

Formation professionnelle, jeunesse et pêche demandent davantage de moyens

D’autres secteurs ont également défendu leurs prévisions budgétaires au cours de cette première journée de consultations.

La secrétaire générale à la Formation professionnelle, le conseiller financier du ministère de la Jeunesse ainsi que le représentant du ministère de la Pêche et de l’Élevage ont plaidé pour une augmentation, voire un dédoublement, des ressources destinées à leurs secteurs respectifs.

Tous ont salué la qualité des échanges et l’attention accordée par l’équipe du Budget aux différentes préoccupations présentées.

L’Éducation mise sur l’amélioration des conditions des enseignants

Du côté de l’Éducation nationale et de la Nouvelle Citoyenneté, la ministre Raïssa Malu a défendu les priorités de son secteur, avec un accent particulier sur l’amélioration des conditions sociales des enseignants et des agents administratifs.

Elle a expliqué que la rencontre devait notamment permettre d’identifier les lignes budgétaires susceptibles d’être renforcées.

« Nous sommes engagés à progressivement améliorer les conditions », a-t-elle déclaré, se disant satisfaite de l’ouverture manifestée par le ministère du Budget.

Raïssa Malu espère ainsi que l’exercice 2027 permettra d’enregistrer des avancées par rapport à 2026, particulièrement en faveur des enseignants et du personnel administratif.

Intégration régionale : les engagements attendus

Le ministre de l’Intégration régionale, Floribert Anzuluni, a, pour sa part, présenté les besoins liés aux activités de son ministère, notamment dans le contexte de la présidence congolaise de la Conférence internationale sur la région des Grands Lacs (CIRGL).

Il a indiqué que cette responsabilité impliquait plusieurs activités au cours des deux prochaines années et nécessitait des moyens budgétaires appropriés.

« Nous avons été clairement entendus et nous espérons que, aux prochaines étapes également, les accords passés pourront être concernés », a-t-il déclaré.

Enseignement supérieur : aligner les moyens sur les priorités nationales

La ministre de l’Enseignement supérieur, universitaire, recherche scientifique et innovation, Marie-Thérèse Sombo, a également pris part aux discussions.

Elle a résumé la priorité de son secteur en une formule : aligner les moyens disponibles sur la vision du chef de l’État.

La ministre a qualifié les échanges avec le ministère du Budget de constructifs et dit garder confiance dans la suite du processus.

Les dépenses du gouvernement et les recettes des transports examinées

Le secrétaire général du gouvernement, Jean Hubert Ekumbaki, a également défendu les crédits prévus pour son institution. Il a notamment expliqué que l’organisation des réunions du Conseil des ministres et les déplacements des membres du gouvernement dans les provinces entraînaient des coûts supplémentaires.

Du côté des Transports, le secrétaire général Pierrot Nke a insisté sur la nécessité de renforcer les recettes propres du secteur et, par conséquent, les ressources mobilisables par l’État.

Il a notamment cité la digitalisation, une meilleure prise en charge des intervenants ainsi que les investissements comme des leviers permettant d’améliorer les recettes.

« Le transport est au socle du développement économique et social de tout pays au monde », a-t-il souligné.

Des arbitrages attendus avant la prochaine étape

Cette série de consultations intervient après les travaux préparatoires consacrés à l’avant-projet de loi de finances 2027, organisés à Bibwa.

L’objectif de ces rencontres est notamment de procéder aux arbitrages autour des quotas budgétaires attribués aux différents ministères et services de l’État, en tenant compte des priorités et des contraintes financières du gouvernement.

Les consultations engagées par le ministère du Budget doivent se poursuivre jusqu’au vendredi 4 septembre 2026, avant les prochaines étapes de l’élaboration du projet de loi de finances 2027.


Dorcas Kapinga

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