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RDC : Alain Shukuru rejette le recours aux armes comme moyen d’accéder au pouvoir

Dans sa première tribune, Alain Shukuru dénonce l’annonce de la création du Front pour la Refondation de la Nation (FRN), attribuée à l’ancien président Joseph Kabila. Il appelle au rejet des rébellions armées et plaide pour le respect des institutions, la défense de la souveraineté nationale et une paix durable dans l’Est de la République démocratique du Congo.


Alain Shukuru exprime son opposition à toute tentative de conquête du pouvoir par les armes en République démocratique du Congo. Dans une tribune intitulée « Du rejet et de la condamnation sans équivoque de la rébellion comme voie d’accession au pouvoir », il estime que l’annonce de la création du mouvement politico-militaire Front pour la Refondation de la Nation (FRN), qu’il attribue à l’ancien président Joseph Kabila, risque de raviver un cycle de violences qui frappe particulièrement l’est du pays.

Pour l’auteur, les conflits armés ne peuvent servir de moyen de pression pour obtenir des responsabilités politiques. Il rappelle que les populations de l’Ituri, du Nord-Kivu et d’autres parties de l’Est vivent depuis des décennies au rythme des affrontements, des déplacements forcés et des pertes en vies humaines. Il considère ainsi que tout arrangement politique qui accorderait des postes aux acteurs armés en contrepartie de leur participation à un processus de paix risque de banaliser le recours à la violence.

Un cycle de rébellions à interrompre

Dans sa tribune, Alain Shukuru revient sur les différentes rébellions qui ont marqué l’histoire politique congolaise, notamment l’Alliance des forces démocratiques pour la libération du Congo (AFDL), le Rassemblement congolais pour la démocratie (RCD), le Mouvement de libération du Congo (MLC), le Congrès national pour la défense du peuple (CNDP) et le Mouvement du 23 mars (M23).

Selon son analyse, les accords conclus au fil des années ont souvent conduit à l’intégration d’anciens chefs de guerre dans les institutions politiques et militaires. Cette pratique aurait contribué, estime-t-il, à entretenir l’idée que la prise des armes peut constituer un raccourci vers le pouvoir.

L’auteur soutient que cette logique compromet les perspectives d’une paix durable, dans la mesure où les arrangements obtenus sous la pression militaire peuvent laisser subsister les conditions de nouvelles violences. Il plaide, par conséquent, pour que le dialogue politique repose sur le respect des institutions et ne soit pas utilisé pour récompenser le recours aux armes.

Un appel à défendre les institutions et la souveraineté nationale

Alain Shukuru appelle également au soutien des institutions de la République et du président Félix-Antoine Tshisekedi, qu’il présente comme le garant de l’ordre constitutionnel et de l’intégrité territoriale. À ses yeux, la défense des institutions démocratiques implique de privilégier les mécanismes constitutionnels et électoraux plutôt que la conquête du pouvoir par la force.

L’auteur estime par ailleurs que la diplomatie doit s’accompagner d’une armée républicaine capable de défendre le territoire national et de protéger les populations. Il évoque notamment la responsabilité du Rwanda dans la crise sécuritaire à l’Est, une question qui demeure au cœur des tensions régionales.

Dans cette perspective, il appelle la communauté internationale, particulièrement l’Union africaine, à condamner toute tentative de retour au pouvoir par les armes et à éviter que les négociations politiques ne contribuent à légitimer les rébellions.

Un appel à la mobilisation citoyenne

En conclusion, Alain Shukuru invite les Congolais à se mobiliser autour du principe selon lequel la violence armée ne doit pas constituer une voie d’accès aux responsabilités publiques. Il insiste sur la nécessité de placer la vie humaine, la justice, la souveraineté nationale et la stabilité au centre des choix politiques.

Pour l’auteur, l’avenir de la RDC passe par la rupture avec les pratiques qui ont entretenu les conflits au fil des décennies. Il résume son message par un avertissement : « L’Est n’est pas un butin. Le Congo n’est pas une proie à la merci des envahisseurs. »


Rédaction

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