La coalition de l’opposition congolaise C64 a annoncé hier deux initiatives majeures dans les prochains jours pour contester le projet de révision constitutionnelle porté par la majorité au pouvoir. Martin Fayulu, l’un des leaders de la coalition, a détaille ces actions devant la presse à Kinshasa.

Dépôt de plainte le 9 juin
Le premier acte se déroulera le mardi 9 juin avec le dépôt d’une plainte contre le président Félix Tshisekedi. Les opposants accusent le chef de l’État de coup d’État contre la Constitution pour sa tentative de modifier le texte fondamental en vue d’obtenir un troisième mandat.
Selon Delly Sesanga, membre de la C64, cette plainte vise « à dénoncer la tentative de conservation du pouvoir en violation de l’ordre constitutionnel ». Le président Tshisekedi dont le deuxième et dernier mandat arrive à terme en 2028, ne cache plus sa volonté de changer la Constitution du 18 février 2006.
Sit-in le 12 juin devant le Palais du peuple
La deuxième action sera un sit-in le vendredi 12 juin prochain sur l’esplanade du Palais du peuple à Kinshasa. « Nous en appelons à une grande mobilisation du peuple congolais pour venir démontrer à ces parlementaires qu’ils sont aujourd’hui devenus les complices de l’entreprise initiée par Monsieur Tshisekedi » a déclaré Delly Sesanga.
La manifestation vise à exprimer le rejet de ce que l’opposition qualifie de tentative de modification de la Constitution par le biais d’une future loi référendaire.
Une résistance qui monte contre la réforme
La C64 rassemble notamment Moïse Katumbi, Martin Fayulu, Jean-Marc Kabund, Augustin Matata Ponyo et Delly Sesanga. La coalition entend poursuivre sa campagne contre toute initiative visant à modifier l’actuelle Constitution.
Depuis l’appel lancé le 20 avril par l’Union sacrée de la Nation pour recueillir des propositions en vue d’une réforme constitutionnelle, les critiques pleuvent au sein de la classe politique congolaise. L’opposition qualifie cette initiative de « manœuvre de distraction face aux urgences sociales et sécuritaires du pays ».
Prince Epenge, porte-parole de la plateforme Lamuka, a comparé la démarche de la majorité présidentielle à une « dissidence institutionnelle » : « Autant le peuple a condamné la rébellion de l’AFC/M23, autant le peuple condamne la rébellion de l’Union sacrée contre la Constitution ».
Priorité aux urgences nationales
L’opposition martèle que les véritables priorités des Congolais se trouvent ailleurs que dans le changement des textes de lois. Parmi les défis urgents cités : la précarité sociale (accès à l’eau potable, à l’électricité, lutte contre la pauvreté), la crise humanitaire (sort des millions de déplacés internes dans l’Est du pays), et le manque de perspectives pour la jeunesse.
La Conférence épiscopale nationale du Congo (CENCO) a également exprimé son inquiétude, jugeant « hasardeux d’ouvrir » ce chapitre constitutionnel dans le contexte sécuritaire actuel.
Ces deux initiatives de la C64 traduisent la montée en puissance de la résistance au projet de changement constitutionnel, selon Martin Fayulu qui a présidé la conférence de presse.
Par la rédaction







