Le Royaume‑Uni a lancé, mardi, le Multi‑Hazard Research Network (MHRN), un réseau d’experts destiné à renforcer la prévention, la préparation et la réponse aux flambées d’agents infectieux émergents et à d’autres crises majeures. Piloté par l’Institute of Development Studies, ce dispositif mobilise des chercheurs britanniques et des partenaires internationaux pour apporter des conseils rapides et fondés sur des données probantes, notamment dans le cadre de la lutte contre l’épidémie d’Ebola qui sévit actuellement en République démocratique du Congo et en Ouganda.

Objectif: appui rapide aux décideurs
Le MHRN fournira aux autorités un accès immédiat à des expertises pratiques — analyses de données, modélisation, études sociocomportementales et enseignements tirés d’épidémies passées — afin d’améliorer l’anticipation des risques, la prise de décision et la vitesse d’intervention en situation d’urgence. Une cellule « Rapid Response » est d’ores et déjà opérationnelle et apporte des conseils spécialisés pour guider l’action sur le terrain.
Financement et recherche ciblée
Le Royaume‑Uni s’est engagé à financer jusqu’à 5 millions de livres sterling pour soutenir la recherche et le développement de nouveaux traitements et de diagnostics rapides ciblant l’espèce Bundibugyo du virus Ebola. Ces fonds visent à produire des preuves cliniques et opérationnelles nécessaires à une réponse éclairée, incluant des essais cliniques conduits en partenariat avec des acteurs nationaux et internationaux, et des travaux en sciences sociales pour assurer l’acceptation et l’efficacité des interventions.
Soutien britannique déjà déployé
Ce nouvel engagement s’ajoute à une aide britannique annoncée le mois précédent, pouvant atteindre 21 millions de livres sterling, destinée à appuyer la riposte dans l’est de la RDC via l’Organisation mondiale de la Santé et des partenaires internationaux tels que le mouvement international de la Croix‑Rouge et du Croissant‑Rouge. Ces moyens financiers visent à renforcer la surveillance des maladies, soutenir le personnel de première ligne, améliorer la prévention et le contrôle des infections, organiser des enterrements sûrs et dignes, et faciliter l’accès aux soins salvateurs pour les communautés touchées.
Réactions des responsables
La ministre britannique des Affaires étrangères, Yvette Cooper, a rappelé la force scientifique du Royaume‑Uni et l’importance de mobiliser ces capacités pour mieux répondre aux épidémies et prévenir leur propagation. « Agir tôt est essentiel pour sauver des vies », a‑t‑elle déclaré, en insistant sur la nécessité d’endiguer les flambées à la source.
Jenny Chapman, ministre pour l’Afrique et le développement international, a souligné son récent déplacement à Kinshasa et ses échanges avec les partenaires locaux. Elle a qualifié la situation de « profondément préoccupante » et a appelé à une action coordonnée et conduite par l’Afrique, soutenue par la communauté internationale.
Un consortium multidisciplinaire
Le MHRN rassemblera des universités et ONG du Royaume‑Uni et d’ailleurs, ainsi que des organisations disposant d’expertises locales et régionales. Le réseau sera connecté aux capacités scientifiques du gouvernement britannique, notamment le Met Office, la UK Health Security Agency, l’Animal and Plant Health Agency et le British Geological Survey. Outre les maladies infectieuses à potentiel épidémique ou pandémique, le réseau prendra en charge les grands aléas naturels, y compris les phénomènes météorologiques extrêmes liés au changement climatique.
Un appui concret à la riposte régionale
En mobilisant recherche, modélisation et sciences sociales, le MHRN vise à rendre les interventions plus rapides, mieux adaptées et mieux acceptées par les populations affectées. Selon les autorités britanniques, ce dispositif constitue un renforcement notable de l’appui international à la réponse à l’Ebola en Afrique centrale et orientale, tout en préparant la région à d’autres crises sanitaires et environnementales à venir.
Picard Luhavo







