Vingt-huit acteurs communautaires, dont 14 ex-combattants bénéficiaires du Programme de désarmement, démobilisation, réinsertion communautaire et stabilisation (P-DDRCS), ont été formés ce jeudi 30 juillet à Miyala, dans le territoire d’Irumu (Ituri), sur la communication des risques, l’engagement communautaire et la prévention de la maladie à virus Ebola. Cette formation a été organisée par l’ONG Hope for Peace and Development (HPD), en collaboration avec le Réseau des Associations pour le Développement Durable (RAD ASBL), avec l’appui de la MONUSCO.

La localité de Miyala, située dans le groupement Batale, chefferie de Baboa-Bokoe, a accueilli cette activité qui s’inscrit dans une nouvelle phase de l’intervention de la MONUSCO à travers sa Section Désarmement, Démobilisation, Réinsertion et Stabilisation (DDRS). Après avoir appuyé logistiquement la riposte contre Ebola — notamment par la mise à disposition d’ambulances, de véhicules tout-terrain et de motos au profit de l’Organisation mondiale de la Santé (OMS) —, la mission onusienne met désormais l’accent sur la Communication des Risques et l’Engagement Communautaire (CREC).
L’ONG HPD, chef de file de cette initiative, a conçu le projet pour combler un manque identifié sur le terrain : l’absence d’acteurs communautaires capables de relayer des informations fiables sur Ebola, de répondre aux préoccupations des populations et d’alerter sur les rumeurs susceptibles de compromettre la riposte. L’organisation part d’une conviction : aucune réponse à Ebola ne peut être efficace sans la confiance et la participation active des communautés.
Les ex-combattants engagés dans le processus de réinsertion sont ainsi appelés à jouer un rôle nouveau, celui de mobilisateurs communautaires. À Miyala, la formation pilotée par HPD vise à transformer les bénéficiaires du P-DDRCS en acteurs de proximité capables de véhiculer des messages clairs sur la prévention, de désamorcer les fausses informations et de favoriser l’adhésion des populations aux mesures sanitaires.
Le projet couvre trois zones d’intervention : Miyala/Telega, Balingina/Sota et Tchomia, dans les territoires de Djugu et d’Irumu. Au total, 97 personnes seront directement touchées, dont 52 bénéficiaires du P-DDRCS formés comme mobilisateurs communautaires et 45 leaders communautaires. L’impact attendu est beaucoup plus large : plus de 20 000 personnes devraient être atteintes indirectement grâce aux activités de sensibilisation de proximité et aux différents mécanismes de communication mis en place par HPD et son partenaire RAD ASBL.
Le programme prévoit notamment 18 dialogues communautaires, 12 émissions radiophoniques, 18 messages de sensibilisation, ainsi que la mise en place d’un mécanisme communautaire de suivi des rumeurs et des activités régulières de suivi-évaluation. Autant d’outils conçus par HPD pour assurer un ancrage durable de la prévention dans les communautés concernées.
Pour les initiateurs du projet, la lutte contre l’épidémie s’inscrit dans une dynamique plus large de stabilisation de l’Ituri. En impliquant les communautés et les ex-combattants dans une cause commune de santé publique, l’ONG HPD cherche à renforcer les liens sociaux et à consolider les acquis du processus de réinsertion. La stratégie repose sur un double objectif : réduire les risques liés à Ebola et renforcer la résilience des communautés.
Cette approche associe plusieurs acteurs, notamment le Gouvernement de la République démocratique du Congo, le P-DDRCS, le ministère de la Santé, l’OMS, les autorités locales, la MONUSCO et les organisations partenaires. À Miyala, le message porté par cette formation est clair : face à Ebola, les moyens médicaux et logistiques restent indispensables, mais la confiance des populations, la circulation d’informations fiables et l’implication des communautés constituent également des armes essentielles pour contenir l’épidémie et préserver les efforts de stabilisation engagés en Ituri.
Picard Luhavo






